Elle réunit les clubs des pères du Saint-Esprit de Brazzaville, des pères de Scheut de Kinshasa et des frères des écoles chrétiennes de Kintambo. Elle sera l’ancêtre de l’actuelle Fédération congolaise de football.
Chaque dimanche, au stade Cardinal Malula, ex-stade reine Astrid, le père de la Kéthule réussit à organiser cinq matches et offrir une distraction saine aux Kinois et Brazzavillois.

1933 : Création de l’Institut national pour l’étude agronomique au Congo – INEAC. La mission de l’Institut est de fournir à l’Administration coloniale les instruments de sa politique agricole. Plusieurs centres sont installés dans les provinces congolaises à vocation agricole. Aujourd’hui, INEAC opère sous le sigle INEAC.

- Début d’implantation des écoles de Kisantu, appelées aussi groupe scolaire de Kisantu. En 1925, sous l’impulsion du père Alphonse Verwimp, futur évêque de Kisantu, l’Université de Louvain, créé la Fondation médicale de l’Université de Louvain au Congo – FOMULAC. En 1933, la même Université de Louvain créé le Centre agronomique de l’Université de Louvain au Congo – CADULAC – pour la formation des « Assistants agronomes ».

En 1936, la FOMULAC forme des « Assistants médicaux ». Et en 1946, l’Ecole des sciences administratives et commerciales forme des Administrateurs dont le pays a besoin. A ces écoles de degré supérieur, s’ajoute l’Ecole des infirmiers et infirmières attachée à l’Hôpital de Kisantu, l’Ecole moyenne de Kisantu et l’Ecole ménagère de Kisantu.
- Création de la Régie de distribution d’eau et d’électricité – Régideso – ancêtre de l’actuelle Regideso, nouvelle formule.

1933 : Nouvelle réforme politique et administrative du Congo. L’entité de base de l’organisation administrative, est la chefferie. Au-dessus de la Chefferie, il y a le secteur, actuelle collectivité. Le territoire et le district demeurent les structures intermédiaires, chapeautée par la province. La réforme de 1933, porte le nombre des provinces à six, présentées de la manière suivante :
1) la Province de Léopoldville, chef-lieu Léopoldville ou Kinshasa. Son autorité couvre les actuelles provinces du Bas-Congo, de Bandundu et la ville de Kinshasa.
2) La province du Kasaï, chef-lieu Lusambo, puis Luluabourg à partir de 1950. Elle comprend les deux Kasaï.
3) La province Orientale, chef-lieu Stanleyville ou Kisangani.
4) La province du Kivu, chef-lieu Costermansville, devenu Bukavu en 1953. Elle comprend les deux Kivu et le Maniema.
5) La province du Katanga, chef-lieu Elisabethville ou Lubumbashi.
6) La province de l’Equateur, chef-lieu Coquilathville ou Mbandaka.
D’où la carte administrative suivante :

I. Province de Léopoldville1. District de Léopoldville
2. District du Bas-Congo
3. District du Kwango
4. District du lac Léopold II.

II. Province de Coquilathville1. District du Congo-Oubangui
2. District de la Tshuapa

III. Province de Lusambo1. District du Sankuru
2. District du Kasaï

IV. Province de Costermansville1. District du Kivu
2. District du Maniema

V. Province d’Elisabethville1. District du Tanganyika
2. District du Lualaba
3. District du Haut-Katanga

VI. Province de Stanleyville1. District de Stanleyville
2. District de l’Ouélé
3. District du Kibali-Ituri

1er juillet 1933 : Publication, à Kinshasa, de l’Hebdomadaire « La Croix du Congo ». Son directeur de publication, le père Alexandre Van den Heuvel, est dynamique. Il parcourt les missions catholiques du Congo, leur fait souscrire des abonnements à son journal. Celui-ci devient, avec « Le Courrier d’Afrique », fondé trois ans auparavant, un puissant organe d’information, de formation et d’éducation morale, civique et sociale de l’élite congolaise.

Eclate la seconde guerre mondiale de 1940 à 1945. Le père Van den Heuvel est mobilisé et nommé Aumônier en chef de la Force publique. Il part avec les troupes dans leurs campagnes d’Ethiopie, du Moyen-Orient et de Birmanie. L’influence du journal catholique n’en pâtit pas pour autant.

1934 : Ouverture à Léopoldville de l’Ecole des Assistants médicaux indigènes – Ecole AMI. Elle est, avec celle de la FOMULAC de Kisantu, les deux principaux centres de formation des médecins avant l’Université Lovanium ouverte en 1954 et l’Université officielle du Congo, ouverte à Lubumbashi, en 1956.
- Création de l’Institut des Parcs nationaux du Congo, aujourd’hui Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

1935 : Création de l’Office d’exploitation des transports coloniaux – OTRACO – devenu ONATRA en 1971. La Société reçoit le mandat d’évacuer vers l’étranger la production intérieure, et d’acheminer vers l’intérieur les produits d’importation dont le Congo a besoin. L’OTRACO exploite, pour ce faire, le réseau navigable du fleuve Congo et de ses affluents, et le réseau lacustre. Le chemin de fer Matadi-Léopoldville et celui de Boma à Tshela sont également exploités par l’OTRACO.
- Création de la Commission de protection des Arts et métiers indigènes, et de l’association des Amis de l’Art et métier indigènes. Les deux organismes ont la responsabilité de promouvoir l’art moderne congolais en assurant l’encadrement des artistes, la création des centres de formation et des musées nationaux.

1936 : Création de la Société BATA-Congo, première société de production industrielle des chaussures. Cette production ne débute vraiment qu’en 1940.

5 janvier 1937 : Inauguration de la première station de radiodiffusion au Congo, sous l’appellation de « radio-Léo ». Initiative privée des pères de la Compagnie de Jésus, « Radio-Léo » est réquisitionnée en 1940 par le gouvernement pour soutenir le moral des troupes et communiquer aux compatriotes du Congo, l’évolution de la guerre en Europe.

27 juin 1937 : Parution, à Bamanya, dans la province de l’Equateur, du mensuel « Aequatoria3, périodique d’études africanistes. En 1944, la revue devient trimestriel.

1939 : Création de Taba-Congo, à Lubumbashi. Elle a pour objectif, la production des cigarettes au Congo. Une deuxième société du genre est la BAT, implantée, elle, à Kinshasa, dans les années 50.

1940 : Deuxième guerre mondiale. Le 10 mai 1940, l’Allemagne attaque la Belgique. Deux millions de Belges se refugient en France. Le gouvernement Pierlot aussi. Le 28 mai, le Roi Léopold III, commandant en chef de l’armée, capitule. De limoges, en France, le gouvernement Pierlot passe à Londres, d’où il mène la « résistance ».
Un effort de guerre est demandé à la colonie du Congo belge, notamment sur le plan économique. Sur le plan militaire, la Force publique reçoit la mission d’aller combattre les Italiens en Ethiopie. Sous la conduite du lieutenant-général Ermens, les troupes de la Force publique prennent Assossa le 11 mars 1941, Gambela le 23 mars 1941 et Saio le 6 juillet 1941.

4 décembre 1941 : Les travailleurs congolais de l’Union minière du haut-Katanga, se mettent en grèves à Lubumbashi et à Likasi. Le 9 décembre, les grèves se terminent par des massacres, les colonialistes évitant que ce mouvement ne fasse tache d’huile pour les autres centres de production de l’empire économique.

1er octobre 1942 : Installation officielle au Congo de la « Radio nationale belge » (RNB). Avec l’autorisation du gouvernement en exil, à Londres, ses représentants au Congo acquièrent un matériel puissant et performant pour l’époque. Il est installé à Kinshasa. Les journalistes et techniciens belges qui y travaillent fébrilement, ont pour tâche essentielle de lire les télégrammes de soutien au gouvernement en exil, envoyés de partout dans le monde où se trouvent des Belges, de faire le relais de la BBC et le monitoring des autres radios étrangères, et de rediffuser le résumé de ces nouvelles à l’intention de leurs compatriotes.
La Radio nationale belge est « indépendante » du gouvernement général de Léopoldville. Même les 90 Congolais qui y travaillent comme dactylos, commis et opérateurs TSF, ne dépendent pas de la colonie. A partir du 1er mars 1943, la RNB diffuse en plusieurs langues des émissions produites à la dois à Londres – siège provisoire du gouvernement – à Léopoldville et à New York, à travers le monde entier, grâce au puissant émetteur de 50 KW en ondes courtes de Léopoldville.

1943 : Ouverture à Gombe-Matadi de l’Ecole saint Luc où l’on forme des artistes congolais en arts plastiques. Transférée à Kinshasa, centre de rayonnement culturel, elle devient « Académie des Beaux Arts de Kinshasa ».
- Ouverture à Lusanga, ex-Leverville, dans la province de Bandundu, de la « Bibliothèque de l’Etoile ». Dénommée au départ « Bibliothèque des Evolués » elle devient très vite un dynamique foyer culturel par la publication de plusieurs ouvrages qui ont une réelle valeur littéraire, philosophique et sociale.

20 février 1944 : Sédition militaire à la garnison de Luluabourg. La garnison comprend un important centre d’instruction des troupes. Leur « révolte » a une grande influence dans les milieux des évolués.

1er janvier 1945 : Publication de la Revue « La Voix du Congolais ». Financés par les services de renseignements du gouvernement colonial, elle sert de lieu d’expression de l’élite congolaise sur les principaux problèmes de l’heure. Le journal publie à partir de 1947, un illustré intitulé : « Nos images ». Arès l’indépendance, la revue parait sous le titre de « Congo-Magazine ».

1945 : Eclatement des grèves et des émeutes à Matadi (Bas-Congo), Léopoldville (Kinshasa) et Masisi (Kivu). Les travailleurs congolais des ports de Matadi et Léopoldville, et des Mines du Kivu, expriment leur ras-le-bol d’être mal traités.

10 mai 1946 : Autorisation de fonctionnement des syndicats professionnels pour les travailleurs congolais. Les travailleurs blancs, eux, avaient déjà reçu l’autorisation de créer des syndicats depuis le 10 octobre 1941. Les principaux syndicats congolais avant 1960, étaient :
- L’Union des travailleurs chrétiens du Congo (UTC)
- La Fédération générale du travail du Congo (FGTC)
- La Confédération des syndicats libres du Congo (CSLC).

1er juillet 1946 : La Radio nationale belge – RNB – devient la radio du Congo belge – RCB. L’Etat belge cède ses installations, ses équipements et le personnel belge qui le désire, au terme d’une convention antérieure signée dans ce sens. La RCB diffuse des émissions en français, en flamand, en anglais, en portugais et dans les quatre langues nationales congolaises. A partir du 1er juillet 1949, la RCB a deux directions distinctes : une direction pour les émissions destinées au public européen et une direction pour les émissions destinées au public congolais.

1949 : Publication, à Mayidi, de la « Revue du clergé africain », une revue trimestrielle éditée et financée par l’épiscopat du Congo. Dirigée par le père Denis, professeur au grand séminaire de Mayidi (Bas-Congo), elle traite des questions théologiques et philosophiques qui se posent à l’Eglise du Congo en mutation. Les plus grands spécialistes y exposent leurs thèses, critiques et suggestions. Elle bénéficie d’une large diffusion au Congo et à l’étranger.
- Création, à Lubumbashi, du Centre d’études pour le progrès social indigène – CEPSI – aujourd’hui Centre d’études des programmes sociaux et économiques du Congo.

1947 : Fondation de la firme « Ngoma », la toute première société d’enregistrement et d’édition de la musique congolaise. Avant la firme « Ngoma », la musique congolaise était éditée et diffusée par des firmes étrangères, notamment Olympa et Philips.
L’écurie de Nico Jereminidis va faire connaitre des talents dont les œuvres demeurent immortelles. Il s’agit, par exemple, de Henri Bowané, de Paul Kamba, d’Antoine Wendo, de Léon Bukasa, de Joachim Manoka dit De Saïo, de Antoine Mundanda, d’Adou Elenga, de Baudouin Mavula, de Camille Feruzi, de San Salvador (Georges Edouard, Manuel d’Oliveira et Freitas)… Antoine Wendo, le plus prolifique de tous, reçoit sa consécration en 1952 avec la chanson intitulée : « Marie-Louise ».
Les autres firmes d’enregistrement et d’édition de la musique congolaise, avant l’indépendance, sont dans l’ordre :
- OPIKA (1949) de Moussa Benatar
- CEFA (Compagnie d’enregistrement du folklore africain), en 1952.
- Loningisa (1954) des Papadimitriou
- Esengo (1957) de Dino Antonopoulos

1947 : Création de la Société Eternit du Congo, première entreprise exploitant les carrières pour la fabrication des matériaux de construction. D’autres sociétés exploiteront également des carrières pour le même objectif. Ce sont les sociétés :
- Carrigres (1953)
- Solidus (1954)
- BIA (1955)
- Brikin (1969)

1947 : Création du Fonds du bien-être indigène – FBI – un organe qui participe à la promotion des conditions matérielles des populations rurales. A cet effet, le FBI construit et gère des dispensaires dans les milieux ruraux et participe aux campagnes d’éradication des épidémies et de grandes endémies

1947 : Réforme de l’enseignement. A partir de la rentrée scolaire 1948-1949, l’enseignement secondaire sera porté à six ans. A cet effet, le système des « collègues » pour garçons et des « Lycées » pour filles, sera généralisée. D’autre part, le gouvernement colonial donne son agréation pleine et entière aux écoles protestantes auxquelles il alloue des subsides au même titre qu’aux écoles catholiques. Elles n’étaient pas subsidiées jusque là. Les écoles secondaires de niveau 4 et 5, choisissent de devenir des collègues d’enseignement moderne de niveau 6 ou de demeurer des institutions d’enseignement professionnel à degré inférieur. Cette grande « révolution », c’est pour préparer l’ouverture, en 1954, de l’enseignement universitaire au Congo.

1947 : Fondation de l’Institut pour la recherche scientifique en Afrique centrale (belge). L’IRSAC poursuit des objectifs plus généraux que ceux de l’INEAC c réé antécédemment.

10 décembre 1948 : Organisation de la Police territoriale pour le maintien de l’ordre et de la sécurité publique.
- Publication du 1er Plan décennal de développement socio-économique du Congo. Son application couvre la période allant de 1949 à 1959. L’implantation des industriels de transformation, notamment les 1500 industries de Limete, à Kinshasa, la construction ou la modernisation des infrastructures routière, portuaire, aéroportuaires, ferroviaires et fluviales, est impliquée dans ce plan. Impliquée aussi la construction de écoles concernées par la réforme de l’enseignement secondaire et des hôpitaux.
- Reconnaissance du droit de grève aux travailleurs congolais, et fixation du salaire minimum légal (SMIL).
- Publication de « Ngando », premier roman de la littérature congolaise. Son auteur, Paul Lomami-Tshibamba reçoit le prix de la Foire coloniale de Bruxelles. En 1931, Badibanga, s’était fait connaitre par un recueil de fables intitulé : « L’éléphant qui marche sur les œufs ».

1949 : Ouverture, à Kisantu, du Centre universitaire congolais Lovanium, premier établissement d’enseignement universitaire reconnu par l’Etat. De cette situation surgira la querelle entre les pères jésuites et les pères de Scheut, à propos du lieu où devait être érigé la future Université Lovanium, les jésuites arguant que Kisantu était tout indiqué puisque l’enseignement universitaire y était donné. A quoi les pères de Scheut répondaient que l’Université Lovanium devait être érigé à Léopoldville, les bibliothèques, les compétences, les communications avec l’intérieur et l’extérieur et autres avantages s’y trouvant.

1er août 1949 : Institution de l’Assurance-maladie et des accidents du travail pour les travailleurs congolais.

4 avril 1950 : Promulgation interdisant la polygamie au Congo. Au terme de ce décret, à partir du premier janvier 1951, seul le mariage monogamique sera reconnu par les officiers d’état-civil congolais. Toutefois, les mariages polygames contractés avant la promulgation du décret, restent valables.
-Création de la Bouteillerie de Kinshasa pour la fabrication des bouteilles en verre.
- Création de l’ABAKO – Association des Bakongo – en tant qu’Association culturelle. En 1953, Joseph Kasa-Vubu, est « placé » à la tête de l’ABAKO par les sages et, à partir de cette date, l’Association culturelle se mue lentement mais sûrement vers un parti politique, stade qu’elle franchit en 1956, en publiant son contre-manifeste dans lequel elle exige l’indépendance du Congo « maintenant et tout de suite ».
- Création de l’Inspection du travail dans sa forme définitive inspirée le Bureau international du travail.
(A suivre).